Le PQ dénonce la cancel culture tout en s’acharnant à canceller une psychiatre

Devant les caméras, le PQ dénonce la culture de l’annulation chaque fois que ses positions réactionnaires sont critiquées. En coulisse, il tente de faire taire ses adversaires politiques et la gauche en se plaignant aux autorités.
  • Vincent Beaudoin
  • ven. 25 sept. 2026
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Image : UnPingouin/Wikimedia Commons.

Fin août, les propos misogynes et racistes du candidat péquiste François Gariépy, alias « M. Radio X », remontaient à la surface. C’est alors que Paul St-Pierre-Plamondon, le champion de la liberté d’expression, est arrivé à la rescousse, juché sur son destrier blanc, pour nous libérer des méchants wokes et de la cancel culture. « Vous connaissez mes positions sur la liberté d’expression et la cancellation. Jamais je n’ai accepté qu’on “cancelle” un candidat ou une candidate parce qu’il a été journaliste pour Urbania. » Comme si, au nom de rejeter la « culture de l’annulation », il ne faudrait pas tenir compte des propos tenus publiquement par un candidat à une élection!

Pendant ce temps, le Parti québécois réserve un tout autre sort à ses adversaires. Le 17 septembre, Le Devoir révélait les agissements scandaleux et hypocrites du PQ à l’encontre d’une psychiatre qui critique souvent le PQ sur sa page Facebook. Au cours de la dernière année, au moins trois plaintes en déontologie ont été déposées au Collège des médecins contre la Dr Marie-Eve Cotton pour ses publications – une tentative de canceller la docteure et lui faire perdre son emploi.

Toutes les plaintes ont été rejetées par l’ordre professionnel. Celle déposée par la directrice générale du PQ et celle déposée conjointement par les candidats péquistes Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant ont été rejetées à nouveau en appel. Il n’y avait évidemment aucun manquement d’ordre déontologique : une psychiatre peut très bien utiliser sa page Facebook personnelle pour critiquer les positions d’un parti politique.

L’histoire se répète : en septembre 2025, c’était le député péquiste Pascal Bérubé qui portait plainte à l’ombudsman de Radio-Canada contre la professeure Rachel Chagnon pour avoir insinué, à l’émission Tout peut arriver, que les propositions du PQ en matière de laïcité étaient racistes.

L’hypocrisie du PQ et de PSPP sur la « culture de l’annulation » ne pourrait être plus flagrante. Devant les caméras, ils dénoncent la culture de l’annulation chaque fois que leurs positions réactionnaires sont critiquées. En coulisse, ils tentent de faire taire leurs adversaires politiques et la gauche en se plaignant aux autorités.

Notons que le PQ n’a pas dit un mot lorsque l’eurodéputée de la France Insoumise, Rima Hassan, se voyait refuser l’entrée au Canada au printemps dernier, « cancellée » qu’elle fut pour ses positions pro-Palestine. C’était pourtant une occasion rêvée pour le PQ de critiquer les actions du fédéral.

La différence ici est une différence de classe. Lorsque ce sont des propos orduriers et des positions réactionnaires, alors la liberté d’expression absolue s’impose. Lorsque ce sont des positions ou des idées qui remettent le moindrement en question l’establishment, ses partis et ses porte-parole, ces pleurnichards s’insurgent, et travaillent à intimider et « annuler » leurs opposants. Cette hypocrisie imprègne l’ensemble de la société capitaliste.