
Cet article est l’éditorial de la revue théorique Défense du marxisme no 6 et a été rédigé en avril 2025.
Cette année, le 8 mai marque le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
Cet événement historique sera célébré dans de nombreux pays. Il y aura néanmoins une absence particulièrement visible dans toutes les commémorations officielles : comme d’habitude, la Russie ne sera pas invitée.
La récente commémoration de la libération d’Auschwitz est un exemple particulièrement flagrant de cette manœuvre cynique. Dans son premier reportage diffusé sur le sujet, la BBC se contentait de dire que le célèbre camp d’extermination nazi avait été libéré par des « forces alliées » dont l’identité exacte n’était pas précisée. Il n’y avait aucune référence à la Russie ou à l’Union Soviétique.
Le fait est que, le 27 janvier 1945, c’est l’Armée Rouge soviétique qui a libéré Auschwitz. Et pourtant, aucun représentant de la Russie n’a été invité à la commémoration de cet événement. Pour quiconque dispose d’au moins quelques neurones, c’est une preuve évidente que toutes ces pompeuses cérémonies officielles ont plus de rapports avec la situation politique actuelle qu’avec des événements vieux de 80 ans.
Depuis plusieurs décennies, nous sommes soumis à une propagande massive selon laquelle Hitler aurait été vaincu, d’abord et avant tout, par les Américains et les Britanniques. Depuis 1945, les films héroïques sur les soi-disant exploits des Alliés occidentaux sont le pain quotidien d’Hollywood.
En réalité, les Américains et les Britanniques ne s’impliquèrent vraiment sur le théâtre des opérations, en Europe, qu’à l’été 1944, avec le débarquement de Normandie.
Avant cela, la guerre en Europe se réduisait essentiellement au conflit titanesque opposant l’URSS à l’Allemagne hitlérienne, qui s’appuyait sur les forces productives combinées de toute l’Europe. C’est la Russie – ou plus exactement l’Union Soviétique – qui joua le rôle décisif dans la lutte contre le nazisme. Pendant la plus grande partie de la guerre, les Américains et les Britanniques ne furent que des spectateurs.
L’URSS et la guerre
Staline a été souvent présenté comme un « grand chef de guerre ». C’est complètement faux. De fait, sa politique a placé l’Union Soviétique à la merci de Hitler ; en 1941, elle a failli provoquer la destruction de l’URSS.
Ayant abandonné l’internationalisme révolutionnaire de Lénine, Staline multiplia les manœuvres auprès de gouvernements étrangers dans l’espoir de n’être pas impliqué dans la guerre.
Il faut se souvenir que les soi-disant démocraties occidentales manœuvraient constamment, elles aussi, pour s’attirer les faveurs d’Hitler, c’est-à-dire tourner ses regards vers l’Est et le pousser à attaquer l’Union Soviétique.
Lorsqu’il le comprit, Staline répliqua en signant un pacte de non-agression avec l’Allemagne nazie, le pacte germano-soviétique. En pratique, il s’agissait d’une manœuvre visant à empêcher une attaque allemande contre l’Union Soviétique.
Il n’y a pas d’objection de principe à des manœuvres diplomatiques de cet ordre, qui peuvent être justifiées par des considérations pratiques à court terme. Mais comme le démontra la suite des événements, cette manœuvre de Staline n’a pas permis de renforcer durablement la défense de l’Union Soviétique.
Staline avait tellement confiance dans sa manœuvre « astucieuse » avec Hitler qu’il ignora tous les rapports qui indiquaient que les Allemands préparaient l’offensive de juin 1941. L’URSS se retrouva donc sans défense face à l’agression nazie.
Quand les généraux d’Hitler formulèrent des objections à ses plans d’invasion de la Russie, il leur répliqua qu’après les purges staliniennes l’Armée Rouge n’avait plus de généraux compétents.
Hitler était convaincu qu’il pourrait faire s’effondrer d’un seul coup l’édifice de l’Etat soviétique. Cette prédiction sembla tout près de se réaliser à l’été 1941, dans les premiers mois de l’invasion allemande.
Quand Hitler lança l’offensive, Staline refusa d’abord d’y croire. Craignant qu’il ne s’agisse d’une provocation, il ordonna aux forces soviétiques de ne pas résister. Le résultat fut catastrophique.
L’aviation soviétique fut anéantie sans même avoir eu le temps de décoller. Des millions de soldats de l’Armée Rouge, incapables de résister, furent encerclés, faits prisonniers et envoyés dans des camps de la mort, où la plupart d’entre eux périrent.
Les dirigeants soviétiques étaient plongés dans une confusion totale. Pris de panique, Staline se cacha. Son comportement équivalait à une trahison de l’Union Soviétique, que sa politique avait placée face à un danger mortel.
En réalité, la guerre fut gagnée par les ouvriers et les paysans soviétiques malgré le régime stalinien, et non grâce à lui.
L’Union Soviétique se relève
Hitler s’est trompé dans ses calculs. Aveuglé par ses succès faciles en Europe de l’Ouest, il a sérieusement sous-estimé le potentiel militaire de l’URSS. Malgré la politique criminelle de Staline, l’Union Soviétique fut capable de reconstruire rapidement ses capacités industrielles et militaires.
Ayant à leur disposition les vastes ressources de l’Europe, les nazis ont augmenté leurs propres capacités et produit d’énormes quantités de chars, de canons d’assaut et d’avions. Malgré cela, l’URSS est parvenue dès 1943 à dépasser la production et la puissance de feu de la Wehrmacht en mobilisant le gigantesque potentiel de l’économie planifiée.
Les armes et l’équipement produits en URSS étaient excellents ; ils étaient d’une qualité supérieure à ceux utilisés par les Allemands, les Britanniques et les Américains. Ce simple fait réfute le mensonge, souvent répété, selon lequel l’économie planifiée serait incapable de produire des biens de qualité.
Mais il y avait une autre raison aux succès militaires des Soviétiques : le formidable esprit combatif de l’Armée Rouge. La classe ouvrière soviétique luttait pour défendre ce qu’il restait des conquêtes de la révolution d’Octobre.
Malgré les crimes monstrueux de Staline et de la bureaucratie, l’économie nationalisée et planifiée représentait une gigantesque conquête historique. Face à la barbarie du fascisme – l’essence distillée de l’impérialisme et du capitalisme monopoliste –, la planification de l’économie méritait que l’on se batte et qu’on meure pour la défendre.
Un nombre colossal de travailleurs soviétiques se battirent et moururent. C’est leur courage remarquable – celui l’Armée Rouge en général – qui fut le facteur décisif dans la défaite de l’Allemagne nazie.
Les raisons qui poussent l’Occident à falsifier l’histoire et à passer sous silence le rôle décisif de l’Union Soviétique sont évidentes. La glorieuse victoire de l’Armée Rouge est une démonstration de la colossale supériorité de l’économie nationalisée et planifiée, qui a permis à l’URSS de survivre aux premiers désastres et de réorganiser ses capacités productives au-delà de l’Oural.
Sur la base de terribles sacrifices, cela fut une démonstration incontestable de la viabilité des nouveaux rapports de production mis en place par la révolution d’Octobre. L’économie nationalisée et planifiée donna à l’URSS un avantage considérable, dans la guerre.
Mais le peuple de l’Union Soviétique paya un prix terrible : 27 millions de morts et une destruction massive de ses forces productives.

L’exigence d’un second front
Après l’invasion allemande, les soviétiques n’ont cessé de demander à aux Alliés occidentaux l’ouverture d’un second front contre l’Allemagne. Churchill n’était pas pressé d’y consentir – et ce pour des raisons moins militaires que politiques.
La politique et les choix tactiques des classes dirigeantes de Grande-Bretagne et d’Amérique, pendant la Seconde Guerre mondiale, n’étaient pas dictés par l’amour de la démocratie ou par la haine du fascisme, comme la propagande officielle voudrait nous le faire croire, mais bien par leurs intérêts de classe.
Quand Hitler a envahi l’URSS en juin 1941, la classe dirigeante britannique était ravie. Elle pensait que l’Union Soviétique serait rapidement écrasée par l’Allemagne, mais que celle-ci sortirait de cette lutte si affaiblie qu’elle pourrait être facilement vaincue, à son tour. Ce serait donc faire d’une pierre deux coups.
Les calculs des dirigeants britanniques et américains se révélèrent erronés. Non seulement l’Union Soviétique ne fut pas vaincue par l’Allemagne nazie, mais elle résista et infligea une défaite décisive aux armées d’Hitler.
En outre, les impérialistes britanniques et américains avaient des intérêts différents, et même opposés. Cette contradiction se reflétait dans le conflit opposant Churchill et Roosevelt sur la question du débarquement.
L’impérialisme américain ne voulait pas qu’Hitler l’emporte, car cela aurait signifié l’émergence en Europe d’un puissant rival des Etats-Unis. Par ailleurs, les Etats-Unis avaient intérêt à affaiblir la Grande-Bretagne et son empire, pour pouvoir prendre sa place de première puissance mondiale après la défaite de l’Allemagne et du Japon.
Bien que formellement allié de Londres, Washington n’a jamais perdu de vue l’objectif d’utiliser la guerre pour affaiblir les positions britanniques à travers le monde, et en particulier de desserrer son contrôle sur l’Inde et l’Afrique.
De son côté, Churchill voulait concentrer l’effort de guerre des Alliés sur la Méditerranée. Il s’agissait, d’une part, de défendre le canal de Suez et la route reliant la Grande-Bretagne à l’Inde, et d’autre part de préparer une invasion des Balkans pour y couper la route à l’Armée Rouge.
En d’autres termes, les calculs de Churchill étaient entièrement fondés sur les intérêts stratégiques de l’impérialisme britannique et la défense de son Empire. Par ailleurs, Churchill n’avait pas complètement abandonné l’espoir que la Russie et l’Allemagne s’épuisent mutuellement et que la guerre, à l’Est, débouche sur une impasse.
Ce sont les événements du Front de l’Est qui les ont finalement contraints à agir.
La diversion italienne
Roosevelt poussait pour qu’un second front soit ouvert en France, mais Churchill tergiversait sans cesse. Cela provoqua de sérieuses tensions entre Londres et Washington.
Alors que l’Armée Rouge était plongée à Koursk dans une lutte à mort contre la Wehrmacht, les Américains et les Britanniques débarquèrent sur les plages de Sicile.
En réalité, l’invasion de l’Italie était une diversion par rapport à l’effort principal. Le gros des combats contre l’Allemagne nazie se déroulait toujours à l’Est, où l’Armée Rouge faisait face à quelque 200 divisions allemandes. Par comparaison, en Sicile, les troupes britanniques et américaines n’étaient confrontées qu’à deux divisions.
Mussolini supplia Hitler de lui envoyer des renforts. En vain : toute l’attention du Führer était concentrée sur le Front de l’Est. Et pourtant, l’argument de Churchill, selon lequel l’Italie était le « bas-ventre mou de l’Europe », se révéla faux.
Les tergiversations et les erreurs des généraux américains donnèrent à Hitler le temps de renforcer le front d’Italie, ce qui mena à la sanglante bataille de Monte Cassino.
Après le renversement de Mussolini en 1943, les opérations des Alliés en Italie se compliquèrent encore lorsqu’ils réalisèrent, à leur grand déplaisir, que le puissant mouvement de résistance dirigé par les communistes italiens pouvait prendre le pouvoir.
Pour les en empêcher, la Royal Air Force britannique lança immédiatement une brutale campagne de bombardements contre les villes de l’Italie du Nord.
Les Américains et les Britanniques craignaient que les partisans ne prennent le pouvoir avant que les troupes alliées n’arrivent. Aussi estimèrent-ils qu’il valait mieux laisser les nazis s’occuper des partisans – et, ainsi, affaiblir la résistance.
Alors même que les Alliés combattaient les Allemands en Italie, un accord tacite existait entre les deux camps lorsqu’il s’agissait de s’opposer à leur ennemi de classe commun : la classe ouvrière italienne.
Au plus fort de la guerre, des intérêts de classe – en l’occurrence, la peur de la révolution – pesaient donc lourdement sur les calculs de la classe dirigeante. Cela ne fit que s’accentuer après la fin des hostilités.
Pendant ce temps, les événements s’accéléraient dramatiquement sur le Front de l’Est.
Stalingrad et Koursk
Après une bataille acharnée, la résistance allemande à Stalingrad s’effondra à la fin de janvier 1943. A la grande colère de Hitler, qui avait ordonné à sa sixième armée de « combattre jusqu’à la mort », le maréchal Von Paulus se rendit à l’Armée Rouge.
Même Churchill, cet anti-communiste enragé, fut obligé de reconnaitre qu’à Stalingrad l’Armée Rouge avait « éviscéré l’armée allemande ». Mais derrière ces louanges, les dirigeants britanniques étaient plongés dans une panique qui grandissait de jour en jour, et même d’heure en heure.
Les Allemands ont perdu 500 000 hommes dans la campagne de Stalingrad, dont 91 000 ont été faits prisonniers. Cette défaite écrasante fut suivie, à l’été 1943, d’un autre événement encore plus décisif : la bataille de Koursk – le plus grand affrontement de chars de l’histoire, auquel participèrent 10 900 chars, 2,6 millions d’hommes et 5000 avions. Ce fut probablement la bataille la plus décisive de toute la guerre.
Grâce à ses victoires à Stalingrad et à Koursk, l’Armée Rouge a pu entamer une progression fulgurante, ce qui obligea les Américains et les Britanniques à passer à l’action.

La course au Jour-J
A partir de la fin de l’année 1943, il devint évident que l’URSS était en train de gagner la guerre à l’Est et que, si rien n’était fait, l’Armée Rouge allait déferler sur toute l’Europe.
Dès lors, Churchill n’eut pas d’autre choix que de donner suite aux demandes répétées du président américain. Cependant, l’ouverture du second front fut retardée jusqu’au printemps 1944.
C’est seulement à l’été 1944, alors que l’Armée Rouge avançait rapidement – avec Berlin en ligne de mire – que le second front fut ouvert à la hâte, sous la forme du débarquement de Normandie. S’ils ne l’avaient pas fait, les Occidentaux auraient pu rencontrer l’Armée Rouge sur les côtes de la Manche.
Les impérialistes étaient si inquiets qu’ils ont même élaboré un plan, sous le nom d’« Opération Rankin », qui prévoyait un débarquement en urgence si l’Allemagne s’effondrait ou capitulait. Ils voulaient à tout prix arriver à Berlin avant l’Armée Rouge.
« Nous devons aller jusqu’à Berlin », déclara Roosevelt à ses chefs d’état-major. « Les soviétiques pourraient occuper tout le territoire qui se trouve à l’Est. Les Etats-Unis doivent avoir Berlin. »1
Mais les choses ne se déroulèrent pas comme ils l’avaient prévu. Les forces américaines et britanniques atteignirent les frontières de l’Allemagne, mais elles y furent stoppées par la résistance allemande. L’avance soviétique, par contre, fut la plus spectaculaire de toute l’histoire militaire.
L’Armée Rouge atteignit Berlin le 25 avril 1945.
La guerre s’achève
Quasiment jusqu’à la fin, Hitler continua de donner des ordres à des unités qui n’existaient plus, déplaçant des avions et des divisions imaginaires. Mais l’heure du Crépuscule des Dieux avait sonné. Il se suicida le 30 avril 1945. Son corps fut arrosé de pétrole et brûlé.
Alors que les flammes achevaient de consumer les restes du Führer, le son de l’artillerie russe résonnait au cœur de Berlin. Le 1er mai, le drapeau soviétique était hissé sur le Reichstag. Le lendemain, les troupes soviétiques contrôlaient toute la capitale allemande. Cinq jours plus tard, l’Allemagne capitulait.
Churchill écrivit au gouvernement soviétique que les victoires de l’Armée Rouge méritaient des « applaudissements sans réserve » et que les générations futures devraient être conscientes de leurs dettes à son égard « aussi pleinement que nous qui en avons été témoins ».
Ces belles paroles étaient hypocrites. En réalité, Churchill n’était pas du tout satisfait par les victoires soviétiques. Il engagea immédiatement les préparatifs d’une nouvelle guerre : la guerre froide contre l’Union Soviétique.
Il est souvent ignoré que la défaite finale du Japon a été provoquée par le coup dévastateur infligé à ses armées, en Mandchourie, par l’Union Soviétique. Après avoir vaincu l’armée japonaise dans une attaque éclair, l’Armée Rouge déferla sur la Mandchourie et avança vers le Japon.
Le 6 août 1945, la première bombe atomique était lâchée sur le centre d’Hiroshima. Trois jours plus tard, une seconde bombe atomique frappait Nagasaki. Ces deux attaques tuèrent près de 246 000 personnes. En réalité, elles n’étaient pas destinées au Japon, qui était déjà à terre et demandait la paix. Il s’agissait d’un avertissement adressé à l’URSS pour qu’elle n’avance pas davantage. Sans cela, rien n’aurait empêché l’Armée Rouge d’occuper le Japon.
Ce fut la première manifestation visible du conflit entre l’impérialisme américain et l’URSS qui domina le monde pendant des décennies, après 1945. Les graines de la guerre froide étaient semées.

Un nouvel ordre mondial
Peu avant sa mort en août 1940, Trotsky affirma qu’il était peu probable que l’Union Soviétique survive à la guerre sous la direction du régime stalinien. Mais, comme l’avait dit Napoléon, la guerre est l’équation la plus complexe qui soit.
Le pronostic de Trotsky se révéla erroné. Même le plus grand des génies n’aurait pas pu anticiper le cours particulier qu’a suivi la Seconde Guerre mondiale. De fait, les perspectives de Staline, d’Hitler, de Roosevelt et de Churchill se révélèrent toutes fausses, ce qui eut des conséquences colossales.
La victoire spectaculaire de l’URSS bouleversa toute la situation. Cela renforça le régime stalinien pour une longue période.
Dans le même temps, une vague révolutionnaire déferla sur l’Europe. Mais la trahison des dirigeants staliniens et réformistes empêcha la classe ouvrière de prendre le pouvoir dans toute une série de pays. Cela créa les prémisses politiques d’une reprise économique du capitalisme pendant la période d’après-guerre.
Mais l’élément décisif fut le suivant : l’impérialisme américain fut obligé d’intervenir pour renforcer le capitalisme en Europe et au Japon. Terrifiés par le spectre du communisme, les impérialistes américains n’eurent pas d’autre choix que d’y consolider le système capitaliste.
Les Etats-Unis n’avaient pas été soumis à des bombardements comme ceux qui ravagèrent les économies européennes et japonaise. A la fin de la guerre, les deux tiers des réserves mondiales d’or se trouvaient dans les coffres de Fort Knox. Le dollar était littéralement équivalent à de l’or.
Cette puissance économique permit aux Américains de fournir un énorme appui à l’Europe sous la forme du plan Marshall, qui posa les bases matérielles de la croissance économique et du rétablissement de l’équilibre social et politique.
Dans ces conditions, le monde entier se retrouva dominé par deux géants : l’impérialisme américain et la puissante URSS stalinienne. Cette situation, connue sous le nom de « Guerre froide », dura des décennies.
Ce numéro de Défense du marxisme aborde tous ces événements sous plusieurs angles.
Aujourd’hui, la roue de l’histoire a tourné, une fois de plus. La puissance de l’impérialisme américain est contestée par la résurgence de la Russie, qui s’est remise de l’effondrement économique qu’elle a subi après le rétablissement du capitalisme dans les années 1990, et par l’ascension de la vigoureuse industrie du capitalisme chinois.
Le vieil équilibre instable s’est rompu. De nouvelles contradictions émergent rapidement. Une nouvelle époque tumultueuse a commencé. Il y aura de nombreuses défaites et de nombreux reculs ; mais, au cœur de la tempête, seront posées les bases d’une intensification de la lutte des classes. Tôt ou tard, dans un pays ou l’autre, la révolution socialiste sera mise à l’ordre du jour.
- FRUS, The Conferences at Cairo and Teheran, 1943, p. 254 [Traduction libre]. ↩︎