La dette publique : Un volcan au bord de l’éruption

En 2016, le service de la dette coûtait 21,8 milliards de dollars; cette année, il atteindra 55,6 milliards de dollars; et d’ici 2029, 76,1 milliards de dollars – plus que le coût des transferts fédéraux pour les soins de santé et les services de garde d’enfants combinés.
  • Jeremy Swinarton
  • jeu. 5 mars 2026
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Image : Vecteezy

Mark Carney enterre le pays sous une montagne de dettes. Le dernier budget du gouvernement fédéral, déposé le 4 novembre dernier, ajoutera la somme stupéfiante de 320 milliards de dollars à la dette fédérale au cours des cinq prochaines années.

Toutes ces dépenses – dont l’essentiel sera consacré à des cadeaux aux grandes entreprises et à la « défense » – sont censées « dynamiser la croissance » et stabiliser l’économie canadienne en plein effondrement. Si cette croissance ne se matérialise pas, l’énorme dette menace la classe ouvrière d’une catastrophe, une catastrophe qui mettrait à l’ordre du jour une lutte des classes explosive.

Une montagne de dettes

Les dépenses de Carney entraîneront un déficit de 78,3 milliards de dollars pour 2025-2026 seulement, le plus important de l’histoire, hormis les années de pandémie. D’ici 2030, un total de 320 milliards de dollars de nouvelle dette sera ajouté au bilan national. Cela s’ajoute à un ratio dette brute/PIB déjà astronomique de 111%.

Il s’agit d’une énorme augmentation de la montagne de dette déjà massive accumulée depuis la crise financière de 2008. Pendant des années, les économistes bourgeois ont soutenu que la dette n’était pas un problème parce que les taux d’intérêt étaient au plus bas. Ils s’imaginaient que cet état de choses pouvait être maintenu indéfiniment. Mais maintenant, l’époque des taux d’intérêt quasi nuls est révolue, et même l’économiste le plus myope sait qu’elle ne reviendra pas.

Les paiements d’intérêts sur la dette existante engloutissent une énorme partie du budget du gouvernement. En 2016, le service de la dette coûtait 21,8 milliards de dollars; cette année, il atteindra 55,6 milliards de dollars; et d’ici 2029, 76,1 milliards de dollars – plus que le coût des transferts fédéraux pour les soins de santé et les services de garde d’enfants combinés.

Spirale mortelle de l’endettement

Mais le pire reste à venir. Avec la dette cumulée des gouvernements fédéral et provinciaux déjà à 111% du PIB, le Canada entre en zone dangereuse.

La situation de la dette du Canada devient rapidement comparable à celle de la France, où elle s’élève à 117%, et où le gouvernement consacre près de 10% de son budget aux paiements des intérêts. Là-bas, le gouvernement a tenté de résoudre la crise par des moyens brutaux : allongement de la journée de travail, relèvement de l’âge de départ à la retraite et coupes féroces dans les services sociaux.

Cela a déclenché l’une des plus grandes crises politiques – et un des plus grands mouvements de masse – de l’histoire de la France moderne. Et pourtant, le gouvernement est déterminé à aller jusqu’au bout. La raison en est simple : seul un fou prêterait de l’argent à quelqu’un qu’il pense peu susceptible de le rembourser. La classe dirigeante française cherche désespérément à maintenir sa réputation auprès des investisseurs.

Si elle n’y parvient pas, le résultat sera ce que Ray Dalio, ce milliardaire gestionnaire de fonds spéculatifs, appelle une « spirale mortelle de l’endettement ». À mesure que la dette augmente et que les paiements des intérêts consomment une proportion toujours croissante du budget, tôt ou tard, les investisseurs du marché obligataire – ceux qui prêtent de l’argent au gouvernement – perdent alors confiance dans la capacité du gouvernement à payer ses dettes. Les prêteurs qui pensent que le gouvernement risque de manquer des paiements exigent des taux d’intérêt plus élevés. Les paiements des intérêts consomment davantage du budget, et plus d’emprunts sont nécessaires. Avec un budget encore plus mal en point, les prêteurs exigent des taux d’intérêt encore plus élevés. Le coût des emprunts monte en flèche. À moins que des mesures drastiques ne soient prises, le gouvernement ne peut pas payer les intérêts et fait donc défaut sur ses prêts.

De nombreux pays ont subi ce sort. Maintenant, Dalio affirme que certains des pays les plus riches du monde, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, pourraient suivre le même chemin et qu’une spirale mortelle d’endettement est inévitable pour tout pays qui ne réussit pas à contrôler ses déficits.

La crise de la dette de 1995

Le Canada connaîtra-t-il une spirale mortelle de l’endettement? C’est possible. Pour l’éviter, le gouvernement devra trouver de l’argent quelque part. S’il essaie de taxer davantage les capitalistes, ceux-ci vont simplement investir ailleurs, ce qui affaiblira l’économie. Paradoxalement, cela réduit les revenus de l’État, empirant la crise de la dette. Par conséquent, la méthode de choix devient donc de faire payer la classe ouvrière d’une manière ou d’une autre. L’histoire du Canada lui-même en fournit un exemple.

Aux prises avec les difficultés causées par la crise des années 1970, les gouvernements libéraux et conservateurs successifs ont frénétiquement emprunté de l’argent, ce qui a fait passer la dette de 23% en 1969 à 100% du PIB en 1995.

Les prêteurs ont paniqué. En 1992, Standard & Poor’s a abaissé la cote de crédit du Canada. Moody’s a emboîté le pas en 1994. En 1995, le capital financier international est devenu si alarmé qu’il a commencé à exercer une pression sérieuse. Le Wall Street Journal a publié un éditorial qualifiant le Canada de « membre honoraire du tiers-monde » et a surnommé le dollar canadien le « peso du nord ».

En 1994, un point de bascule a été atteint. La confiance des investisseurs a chuté et les taux d’emprunt sont passés de 7%, un niveau déjà élevé, à 9%, un niveau extrêmement dangereux, en l’espace de quelques mois seulement. Une spirale de hausse des taux d’intérêt et d’effondrement de la confiance des prêteurs avait commencé.

Le gouvernement a pu rétablir la confiance des investisseurs et sauver la situation en équilibrant le budget – aux dépens de la classe ouvrière. Le premier ministre Jean Chrétien et son homme de main, le ministre des Finances Paul Martin – toujours prêts à plaire à leurs maîtres des grandes entreprises – ont rapidement imposé une coupe de 10% dans les dépenses sociales. Il s’agissait là des coupes les plus profondes de l’histoire canadienne. Leurs effets se font encore ressentir aujourd’hui; suffit de regarder les infrastructures, les écoles et les hôpitaux en ruine.

Tous les chemins mènent à l’austérité

Aujourd’hui, la situation est encore pire pour le gouvernement. L’économie canadienne est dans un état encore plus lamentable, il y a moins de gras à couper dans le budget, et les dépenses militaires du gouvernement devraient engloutir 160 milliards de dollars par an d’ici 2035.

Les signaux d’alarme clignotent déjà pour le Canada. Depuis plus de 20 ans, le Canada détient une cote de crédit AAA, la plus élevée possible, indiquant que les créanciers considèrent que le risque de défaut est pratiquement nul.

Plusieurs provinces ont déjà vu leur cote abaissée – y compris l’Alberta, dont la cote a baissé six fois! La cote du gouvernement fédéral est également en péril. Randall Bartlett, économiste au Mouvement Desjardins, a récemment averti que « le statut AAA du Canada ne devrait pas être tenu pour acquis », laissant entendre que, bien qu’un déclassement immédiat soit peu probable, si le gouvernement ne peut pas maîtriser le problème, cela pourrait menacer l’excellente réputation du pays en matière de crédit. Pendant ce temps, les effets des tarifs douaniers de Trump et l’instabilité géopolitique croissante se répercutent sur l’économie, faisant augmenter l’inflation, ce qui risque de faire monter encore plus les taux d’intérêt.

Ce sont des signes précoces que la dette du Canada est insoutenable. Un choc est inévitable à un moment ou à un autre, à moins que le déficit ne soit réduit.

Crise du capitalisme canadien

La seule façon d’éviter l’austérité est la croissance. C’est pourquoi les nouvelles dépenses du budget 2025-2026 sont présentées comme un moyen de « dynamiser » l’économie en créant les conditions pour des investissements ahurissants de mille milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Le gouvernement affirme que cela créera des centaines de milliers d’emplois bien rémunérés, augmentera le salaire moyen de plus de 3000 dollars par an et propulsera le Canada en position d’économie la plus forte du G7. Si cela se produit, les revenus augmenteront parallèlement au niveau de vie, et le remboursement de la dette ne sera plus un problème.

Cela soulève la question : s’il était si facile de transformer le Canada en « économie la plus forte du G7 », pourquoi cela n’a-t-il pas déjà été fait? De plus, pour que la politique de Carney réussisse à transformer l’économie, il faudrait qu’elle soit différente d’une quelconque façon de ce qui a été tenté auparavant. En réalité, le financement par le déficit de Carney est le même vieux remède qui a été tenté par chaque gouvernement depuis 2008. C’est exactement ce qui a mis le gouvernement dans le pétrin actuel en premier lieu, puisque la dette a été utilisée pour soutenir l’économie chancelante et n’a pas réussi à stimuler un véritable investissement dans la production.

La seule différence sérieuse entre la politique de Carney et celle de ceux qui l’ont précédé est l’augmentation massive des dépenses militaires. Mais, comme nous l’avons expliqué ailleurs, la majorité de ces dépenses finiront dans les poches d’entreprises étrangères. Si elle peut employer temporairement des travailleurs dans la production d’armes, elle prive l’économie réelle d’investissements indispensables, agissant comme un immense gouffre financier. Les dépenses militaires sont donc intrinsèquement inflationnistes, car elles augmentent la demande sans accroître la productivité.

Pire encore, la crise de la dette n’est pas spécifique au gouvernement, mais est en fait généralisée dans la société canadienne. Les ménages portent un fardeau de la dette égal à 108% du PIB, tandis que la dette des entreprises canadiennes atteint 163% du PIB. La dette frappe donc des deux côtés : d’une part, la dette des consommateurs décourage la consommation, car une proportion de plus en plus grande du revenu de la classe ouvrière sert à rembourser les dettes hypothécaires et de cartes de crédit; d’autre part, les dettes corporatives massives exercent une pression à la baisse sur les nouveaux investissements. Ces dettes pèsent comme un boulet sur l’économie canadienne et rendent encore moins probable une reprise.

La racine du problème est que la dette n’est pas un problème isolé, mais seulement une manifestation de la crise profonde du capitalisme canadien lui-même. Depuis 2008, l’économie stagne; maintenant, le réalignement des relations mondiales et l’abandon par l’impérialisme américain de l’ordre d’après-guerre transforment cette crise en catastrophe complète. 

Les capitaux nationaux et étrangers fuient le pays, créant ce qu’un think tank nomme une « crise de l’investissement ». L’investissement moyen par travailleur est en déclin depuis 2024. En 2024, l’investissement direct canadien à l’étranger totalisait 2300 milliards de dollars, tandis que l’investissement direct étranger dans le pays n’était que de 1300 milliards de dollars – une différence de mille milliards de dollars.

Cet effondrement de l’investissement en capital se reflète dans la productivité du travail du Canada, c’est-à-dire la production économique par heure travaillée. L’investissement dans les machines – qui augmente la productivité – a chuté à son niveau le plus bas depuis 1981, soit depuis que ces statistiques existent. La productivité canadienne diminue relativement par rapport à celle des États-Unis depuis les années 1980, et au cours des dernières années, elle a commencé à diminuer en termes absolus, chutant de 1,2% depuis 2022. Selon les estimations les plus récentes, le Canada n’atteint qu’environ 70% de la productivité du travail des États-Unis.

Cela signifie que les travailleurs canadiens sont payés des salaires plus élevés pour produire moins que dans d’autres pays, ce qui rend les exportations canadiennes non concurrentielles et décourage davantage l’investissement. Après tout, du point de vue d’un capitaliste, pourquoi payer un salaire élevé à un travailleur à faible productivité au Canada alors que vous pourriez extraire la même valeur d’un travailleur à bas salaire ailleurs?

Afin de rendre les marchandises canadiennes compétitives sur le marché mondial, la productivité doit s’aligner sur les salaires et les conditions de travail. De deux choses l’une : soit il y aura un investissement massif dans l’industrie et les machines pour augmenter la productivité – ce que les capitalistes ne feront que s’ils ont la garantie de réaliser un profit – soit des coupes massives dans le niveau de vie des travailleurs canadiens auront lieu.

La réaction de l’élite patronale au budget de Carney montre la voie qu’ils ont l’intention de prendre. Le Globe and Mail l’a qualifié d’« effort tiède », tandis que le Conseil canadien des affaires s’est plaint qu’« il n’est pas assez ambitieux et rapide pour attirer les investissements et renforcer la compétitivité ». La signification de ces remarques est claire : le gouvernement est sous une énorme pression pour réduire les budgets et couper dans la réglementation afin que les patrons du Canada puissent à leur tour réduire les salaires et les conditions de travail au strict minimum.

Surproduction

Rien de tout cela ne serait préoccupant si le marché mondial était en manque de produits industriels. S’il y avait un excès de demande par rapport à l’offre, les marchandises canadiennes trouveraient quand même un marché, l’investissement affluerait et la productivité augmenterait naturellement. Mais la réalité est tout autre : le capitalisme est embourbé dans une profonde crise de surproduction partout dans le monde.

La surproduction est la cause fondamentale de la crise sous le capitalisme. Alors que les capitalistes se font concurrence pour des parts de marché, ils sont constamment contraints d’investir pour produire plus de marchandises, plus rapidement et à moindre coût. D’autre part, la classe ouvrière, qui constitue l’essentiel du marché de consommation, n’est pas payée la pleine valeur de ce qu’elle produit, et n’a donc pas les moyens d’acheter tous les produits qu’elle crée.

Tel est précisément l’état des choses au Canada aujourd’hui, où la classe dirigeante préfère investir de manière parasitaire dans la spéculation improductive, notamment dans l’immobilier. Résultat, la bulle immobilière grossit. Et à cette crise s’ajoute la guerre commerciale avec les États-Unis, soit le plus important marché de consommation au monde et le destinataire d’environ 70% des exportations canadiennes.

Tous les moyens à la disposition de Carney – des subventions directes aux entreprises, aux incitatifs fiscaux, en passant par la construction d’infrastructures et les contrats militaires – doivent composer avec la réalité que le marché mondial est limité et que le Canada n’y est pas concurrentiel.

C’est pourquoi l’industrie privée n’investit pas, malgré les mesures de Carney. Par exemple, le gouvernement espère développer l’industrie des minéraux de terres rares. Mais même après avoir fourni des milliards en cadeaux et avoir passé de soi-disant « accords d’écoulement » qui transfèrent tous les risques du capitaliste au contribuable, ces nouveaux projets miniers ne parviennent pas à obtenir des investissements privés parce que les investisseurs craignent de ne pas pouvoir rivaliser avec les minéraux moins chers venant de la Chine, qui domine ce marché.

Un autre exemple est l’entreprise Nutrien, la plus grande productrice de potasse au monde, basée au Canada. Dans une jolie démonstration de ce patriotisme appelant à « jouer du coude » contre les États-Unis, celle-ci a abandonné les plans de construction d’un nouveau terminal d’exportation en Colombie-Britannique en faveur d’un emplacement plus rentable dans l’État de Washington.

Quant à l’industrie automobile, malgré des centaines de millions de dollars en subventions, Stellantis et GM ont toutes deux récemment déplacé la production de l’Ontario vers les États-Unis, invoquant la difficulté de réaliser un profit en produisant au Canada.

Ce ne sont là que quelques exemples illustrant la dure réalité. Quoi que fasse le gouvernement, à moins que le manque fondamental de compétitivité du Canada ne soit résolu par des réductions d’impôts, des coupes dans la réglementation et des attaques sans précédent contre les salaires et les conditions de travail, les efforts du gouvernement pour attirer les investissements reviennent à vider un fleuve à la cuillère.

Bien qu’il soit possible que Carney attire certains investissements industriels, cela ne sera pas suffisant pour surmonter la crise économique et inverser la crise de l’investissement. Les capitalistes empocheront simplement l’argent du gouvernement, comme ils l’ont fait pendant la pandémie, puis investiront là où c’est le plus rentable – c’est-à-dire ailleurs qu’au Canada.

L’inévitable lutte des classes

Marx et Engels ont écrit il y a près de 200 ans dans le Manifeste du Parti communiste : « Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises? [En préparant] des crises plus générales et plus formidables et [en diminuant] les moyens de les prévenir. »

Cela décrit précisément la situation actuelle. Depuis 2008, la classe dirigeante a contracté des montagnes de dette pour garder l’économie à flot tout en essayant de maintenir le niveau de vie, et de cette façon éviter la révolte que l’austérité produirait. La dette est symptomatique de la crise profonde du capitalisme canadien et mondial.

Et maintenant, la classe dirigeante est à court d’options et n’a plus d’autre choix que de faire payer la classe ouvrière. Au lieu de retarder la crise, la dette est devenue un facteur explosif dans une crise déjà explosive.

L’élite patronale du Canada a maintenant perdu patience et passe à l’attaque. Son attitude est illustrée dans un article récent du Globe and Mail déplorant le coût d’une nouvelle prestation destinée à atténuer la hausse des coûts d’épicerie pour les familles de la classe ouvrière :

« Le déficit de cette année atteignait déjà l’immense somme de 78,3 milliards de dollars. Sans changements compensatoires, le programme annoncé lundi pousserait ce chiffre bien au-delà de 80 milliards de dollars. Tôt ou tard (tôt, nous l’espérons), M. Carney devra demander aux Canadiens de faire des sacrifices, et cesser de prétendre que les milliards de dollars que les libéraux distribuent périodiquement viennent sans coût ni conséquence. »

Telle est la voix authentique de la classe dirigeante canadienne. Pour sauver son système, tous les moyens sont bons – tant qu’elle n’a pas à payer l’addition. Les « sacrifices » retomberont sur le dos de ceux qui sont le moins capables de les supporter.

L’ampleur des mesures d’austérité nécessaires pour rétablir l’équilibre économique sera colossale. Le niveau de vie s’effondrera. La santé, l’éducation et les retraites seront détruites. Les mises à pied massives dans le secteur public et les privatisations deviendront la nouvelle norme. Le Canada deviendra complètement méconnaissable.

Mais ce n’est qu’un côté de la médaille. Le démon que la classe dirigeante a tenté d’exorciser par le financement déficitaire – la lutte des classes – reviendra en force.Si les travailleurs canadiens veulent un aperçu de ce qui les attend, ils devraient regarder vers la France, où la tentative de résoudre la crise de la dette par l’austérité a donné naissance au mouvement « Bloquons tout », un soulèvement de masse qui a ébranlé le pays et s’est répercuté dans toute l’Europe. Ce n’est qu’une question de temps avant que de telles luttes titanesques n’arrivent au Canada.