
Plus de 60 000 étudiants ont fait grève du 23 au 27 mars dans plusieurs universités et cégeps du Québec pour dénoncer le sous-financement du système d’éducation, l’austérité et la précarité étudiante, notamment à l’UQAM, à l’UQAR et à l’UdeM, ainsi qu’aux cégeps de Maisonneuve, du Vieux-Montréal et de St-Laurent.
À l’UQAM, une première victoire vient déjà d’être arrachée à l’administration. Après seulement trois jours de grève, l’administration a reculé sur sa hausse des frais de scolarité pour les cycles supérieurs. Cette victoire s’explique notamment par le fait que six des sept associations facultaires avaient un mandat de grève.
La situation sur les cégeps est particulièrement préoccupante. Quatre mille quatre cent étudiants se sont vu refuser l’accès au cégep en raison d’un manque de ressources pour les accueillir. Ceux qui ont été admis étudient dans des bâtiments sur le point de s’effondrer, s’ils tiennent encore debout. De plus, 33% des étudiants ont vécu de l’insuffisance alimentaire dans les 12 derniers mois. Les frais de scolarité ont augmenté de 54% en 15 ans, et 84% des stages ne sont pas rémunérés.
Au cégep de Saint-Laurent, les étudiants ont mené une occupation le lundi 23 mars afin de faire respecter la grève. Ils ont même utilisé des morceaux d’un bâtiment en train de s’effondrer pour construire des barricades! L’administration a appelé la police pour les déloger de force. Le lendemain, elle a reculé et accepté de reconnaître la grève, déclarant que les cours étaient suspendus et que les étudiants n’étaient « plus tenus » de venir piqueter. Heureusement, les étudiants ne sont pas tombés dans ce piège visant à les démobiliser.
Des camarades sur les campus ont rapporté que la CRUES était en train de préparer une grève de deux semaines à l’automne prochain pour intensifier la lutte contre l’austérité. C’est excellent. Il nous faut maintenant établir un plan concret pour en faire un succès. Ce plan ne peut pas rester uniquement entre les mains des exécutifs des associations étudiantes : un appel public à l’action, accompagné d’une mobilisation politique soutenue sur plusieurs mois, contribuerait à créer la dynamique nécessaire pour une solide grève lors de ces deux semaines. C’est ainsi que nous pourrions véritablement relancer le mouvement étudiant québécois.