
Le 23 février, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a déposé le budget 2026-2027. Sous le slogan « Défendre la Nouvelle-Écosse », le gouvernement a annoncé des coupes budgétaires de 304,9 millions de dollars. Cela s’inscrit dans le cadre du « Plan pluriannuel de stabilité financière » du gouvernement, qui prévoit des coupes budgétaires de 622,3 millions, 756,8 millions et 914,3 millions de dollars au cours des trois prochaines années.
Les postes budgétaires les plus touchés par ces coupes sont les subventions, principalement destinées aux programmes communautaires et à l’éducation, qui subiront une réduction de 130 millions de dollars. La fonction publique sera réduite de 20% et le secteur public de 12% au cours des quatre prochaines années.
Ce revirement soudain de la politique du gouvernement de Tim Houston a choqué beaucoup de gens. Près de 1000 emplois seront initialement supprimés et des milliers d’autres sont menacés. Les coupes budgétaires dans l’éducation attisent le feu d’un mouvement étudiant qui se mobilise pour une grève prévue la semaine du 15 au 21 mars.
Lorsque Houston a été élu, il a promis qu’il creuserait le déficit pour « réparer le système de santé ». Mais des déficits colossaux année après année sont insoutenables et il fallait faire quelque chose, tôt ou tard. Confronté à un déficit record de 1,9 milliard de dollars, Houston fait désormais porter le coût de cette situation aux travailleurs et aux étudiants de la Nouvelle-Écosse.
Mais même avec ces coupes, le déficit ne sera ramené qu’à 1,233 milliard de dollars. Et malgré les coupes importantes prévues au cours des prochaines années, le ratio de la dette publique par rapport au PIB devrait tout de même atteindre près de 50% d’ici 2030.
Il convient de noter en particulier les coupes dans l’enseignement supérieur. Ce budget prévoit 27 millions de dollars de coupes dans le financement des universités et, tel qu’indiqué précédemment, les 130 millions de dollars de coupes dans les bourses d’études concernent également l’éducation. Pour beaucoup, ces bourses sont le seul moyen d’accéder à l’éducation.
Si cela est déjà grave en soi, ces coupes constituent une menace plus profonde pour l’enseignement supérieur. L’année dernière seulement, l’Université Dalhousie a enregistré un déficit de 20 millions de dollars. La situation est la même pour l’enseignement supérieur dans tout le pays.
La cause ultime de la crise de l’enseignement supérieur est le manque historique de financement public direct. Comme le financement a été réduit ou n’a pas suivi le rythme, de nombreuses universités et collèges ont décidé d’imposer des frais exorbitants aux étudiants internationaux. Mais comme le gouvernement fédéral a réduit le nombre de visas étudiants, les universités sont obligées soit de fermer, soit de faire supporter les coûts par les étudiants et les travailleurs. C’est ce que nous constatons dans ce budget, mais même des fermetures ne sont pas exclues à l’avenir. Chez nos voisins du Nouveau-Brunswick, le gouvernement a ouvertement évoqué l’idée de fermer des établissements.
Cela témoigne de la crise profonde dans laquelle se trouve le système capitaliste. Au Canada, nous avons tendance à penser qu’une bonne éducation sera toujours accessible, du moins sur le papier. Après tout, le Canada affiche l’un des taux d’éducation postsecondaire les plus élevés au monde. Mais ce système est en train d’être démantelé sous nos yeux.
La seule chose qui pourrait mettre fin à ces coupes budgétaires est un mouvement de masse des travailleurs et des jeunes. Le mouvement étudiant a un rôle particulier à jouer, car l’éducation est menacée. L’année dernière, la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants-Nouvelle-Écosse a voté en faveur d’une grève à l’échelle de la province pour obtenir, entre autres, une baisse des frais de scolarité. Aujourd’hui, ces coupes budgétaires jettent de l’huile sur le feu et donnent aux étudiants une raison supplémentaire de faire grève.
Mais ce budget est une attaque directe non seulement contre les étudiants, mais aussi contre la classe ouvrière dans son ensemble. Les étudiants ont une occasion fantastique d’entamer cette lutte contre Houston et, ce faisant, d’encourager l’entrée en action du mouvement ouvrier, qui constitue la seule force qui ait le pouvoir d’arrêter ces attaques.