Le milieu communautaire connaît en ce moment un mouvement de grève historique. En octobre 2025, plus d’une centaine d’organismes de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont participé à une semaine de grève pour un financement adéquat, leur autonomie politique et des conditions de travail décentes. Leur slogan : le communautaire est « à boutte ».
Le sous-financement est chronique dans ce secteur qui sert de cheap labour pour l’État. Pendant que l’État coupe dans les services publics, la crise et les besoins sociaux explosent. Résultat : les organismes communautaires, comme dernières mailles du « filet social », se retrouvent à bout de souffle, avec plus de demandes et moins de ressources.
Pauvreté, évictions, itinérance, violences faites aux femmes : les travailleurs et travailleuses du communautaire côtoient quotidiennement la misère sociale engendrée par le capitalisme. Parallèlement, les salaires du milieu stagnent. Mathieu Gélinas, un des leaders du mouvement, rappelle que plusieurs doivent utiliser les banques alimentaires pour survivre.
La grève d’octobre a déjà forcé le gouvernement à rencontrer le mouvement début 2026. On leur a dit que de meilleures conditions de travail leur feraient « perdre leur sensibilité » et leur « efficacité ». Les communications sont « ouvertes », leur dit-on. Mépris et langue de bois.
La grève qui a commencé par une initiative de la base, à Shawinigan, est en train de s’étendre au niveau national, avec des cellules locales d’organisation à travers la province. On parle d’au moins 1000 organismes qui se préparent à faire une nouvelle grève du 23 mars au 2 avril prochain.
En entrevue, en première page du Devoir du 20 février, Mathieu Gélinas a affirmé : « C’est un mouvement qui n’arrêtera jamais. On n’en peut plus. Le gouvernement n’aura pas le choix de nous écouter ». Le ton est donné. Les grévistes du communautaire montrent la voie pour les luttes à venir : organisation de la base et combativité.